Reçois gratuitement l’édition numérique de l’Épisode I

Les quatres épisodes de la série Petit Lot et le Grand Cor de la licorne ont paru aujourd’hui en édition numérique.

On trouve le « hook » pour l’aventure dans La Légende du Grand Cor, on resout une énigme dans Le Simple et le Sphinx, on fait de drôles de rêves dans L’Horizon et le Fantôme, on pénètre dans le repaire du dragon dans Le Retour du Grand Cor.

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Maquette - La Légende du Grand Cor
Maquette de la couverture

 La Légende du Grand Cor est constituée des trois premiers chapitres du livre, plus un aperçu du prochain épisode. Ce livre numérique est désormais gratuit pour téléchargement en MOBI, EPUB et PDF — uniquement aux abonnés du Piccolo.

 

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Table des matières

Voici la table des matières de Petit Lot et le Grand Cor de la licorne, actuellement disponible en papier et numérique.

Épisode I
La Légende du Grand Cor


Prologue
Le « hook »
La petite corne, le barde et le dragon

Épisode II
Le Simple et le Sphinx


En route !
Le simple
L’énigme du sphinx
La réponse
L’arc-en-ciel
L’âme du simple

Épisode III
L’Horizon et le Fantôme


Le roi de la vallée
Rêves des aventuriers
L’horizon
La porte
Le fantôme

Épisode IV
Le Retour du Grand Cor


Le dragon endormi
Le dragon réveillé
La dragonnesse
La dragonnesse, le barde et le Grand Cor
Épilogue


En route !

Voilà, on a réussi. On a parlé avec des paysans dans la taverne, on a bu de la bière comme des grands et on a trouvé le hook. C’est le petit vieux qui nous l’a donné, avec son histoire de la petite corne de la licorne. C’est comme ça qu’on trouve le hook dans un jeu de rôles.

Alors le hook est arrivé juste à la fin de l’histoire, quand le dragon saisit le Grand Cor dans ses griffes et l’emporte chez lui, dans son repaire de montagne. Tout ça hélas après avoir mangé le barde qui jouait du Grand Cor. J’ai déjà dit que les monstres sont méchants. C’est pour ça qu’il faut leur taper dessus jusqu’à ce qu’ils s’arrêtent.

Dès qu’on a entendu que l’instrument avait été enlevé par le dragon, moi, Aumeraud et Devrac, nous avons tous eu la même idée :

« Allons chercher le Grand Cor !

— On peut le rapporter à la taverne, j’ai dit. Ensuite, un nouveau barde jouera du Grand Cor dans le pré.

— Le problème, a dit Aumeraud, c’est qu’on ne sait pas où il se trouve, le repaire du dragon. »

Devrac a dit : « En plus, si on trouve son repaire, il y a des chances qu’on trouve aussi le dragon. »

C’est le dragon qui est couvert d’écailles comme un lézard, qui crache du feu et mange les gens, des héros de préférence, à coups de dents terrifiantes. C’est lui aussi qui vit très longtemps, pendant des siècles et des siècles, peut-être même pour l’éternité.

Aumeraud, en parlant avec le tavernier, a découvert qu’il y avait un sphinx dans la forêt. C’est le sphinx qui a des ailes d’aigle et un corps de lion, qui pose des énigmes aux voyageurs et dévore ceux qui ne donnent pas la bonne réponse. Le sphinx sait beaucoup de choses, parce qu’il écoute tous ceux qu’il ne dévore pas.

« On peut demander au sphinx où se trouve le repaire du dragon, ai-je dit.

— Mais on risque de se faire bouffer par le sphinx, a dit Devrac.

— Oui, a dit Aumeraud, ça sera très dangereux.

— On s’en fiche. On est des aventuriers, n’est-ce pas ? »

Aumeraud et Devrac étaient d’accord avec moi et on s’est mis en route.

« Vous êtes partis sur le chemin de la forêt… », a dit mon grand frère.

Le sphinx, selon le tavernier, était souvent assis sur un rocher près du chemin qui traverse la forêt. On est donc partis dans cette direction. C’est là que quelque chose de bizarre nous est arrivé.

On traversait un champ de coquelicots au milieu de la forêt, Aumeraud devant moi, Devrac derrière. J’étais en train de me demander pourquoi les coquelicots sont toujours rouges et, là, j’ai reçu un caillou sur la tête.

« C’était quoi ça ?

— Quoi ? a dit Aumeraud.

— Je viens de recevoir un caillou sur la tête.

— C’était peut-être ton imagination ? »

Puis Aumeraud a crié : « Aïe ! »

Il avait reçu un caillou en pleine poitrine.

« Et ça aussi, c’était peut-être mon imagination ? »

Tout de suite après, derrière nous, Devrac a hurlé un mot que je ne répéterai pas. Lui aussi, il avait reçu un caillou. Mais il a été touché dans un endroit plus délicat.

« C’est venu de ce fourré-là. » Devrac le pointait d’une main — celle qui tenait la hache — tandis que de l’autre il soignait sa blessure.

« Qui est là ? » a dit Aumeraud.

Une voix rauque est sortie du fourré. « C’est moi… »

 

Voilà, tu as réussi ! Tu as lu en avant-première le début de Petit Lot et le Grand Cor de la licorne.

Cette histoire te plaît ?

Dès aujourd’hui, tu peux découvrir l’histoire complète en édition électronique. Suis Petit Lot et ses compagnons d’aventure, Aumeraud et Devrac, dans leur quête du Grand Cor de la licorne !

L’édition papier sortira vendredi prochain, le 3 novembre.


La petite corne, le barde et le dragon

Là, mon grand frère a voulu faire une petite pause. Aumeraud et Devrac ont continué à boire leur bière et il m’a expliqué les règles concernant les sorts.

Mon grand frère, c’est le maître de jeu. C’est lui qui explique les règles quand on ne comprend pas. C’était la première fois que je jouais et je ne connaissais pas toutes les règles. Il m’a expliqué pas mal de choses sur les sorts et comment ils marchent dans le jeu et comment je peux m’en servir. À la fin, il faut dire que je n’ai pas trop pigé tout ce qu’il a dit.

Mais bon, il fallait trouver le hook et c’était mon tour. Je ne voulais pas poser une question bête comme celles d’Aumeraud et de Devrac. Mais j’avais dans l’idée que ce serait bien utile de trouver des informations sur les trésors qui n’étaient ni gardés par des monstres ni cachés dans un donjon.

« Monsieur le tavernier, j’ai dit, il est où, le Grand Cor ?

— Le Grand Cor ? a dit le tavernier, en essuyant une chope avec un torchon.

— Le Grand Cor de la licorne, qui a donné son nom à la taverne, où est-il ?

— Ah oui, celui-là. Personne ne le sait.

— Comment ça ? Quelqu’un doit savoir où est le Grand Cor.

— La taverne tire son nom d’une vieille histoire. Ça s’est passé il y a tellement longtemps que plus personne ne s’en souvient. »

Je pensais trouver le hook comme ça, avec ma question sur le Grand Cor. À ce point, j’étais sûr qu’on ne trouverait jamais le hook et qu’on n’irait jamais dans le donjon.

Puis, le petit vieux a dit :

« Moi, je me souviens de cette histoire.

— Vous savez, Monsieur, où il est, le Grand Cor ? a dit Aumeraud.

— Non. J’ai dit que je me souviens de l’histoire.

— Dis donc. » Devrac avait la main posée sur le manche de sa hache.

« C’est une longue histoire, ça, a dit le petit vieux, et j’ai soif.

— Monsieur le tavernier, a dit Aumeraud, une bière pour le petit vieux, s’il vous plaît. »

Le tavernier a rempli une chope et le petit vieux a commencé l’histoire : « Il était une fois, il y a longtemps… »

J’adore les histoires qui commencent comme ça. Ça me fait penser que le monde est tellement grand qu’il n’a pas de fin et que tout est possible dans la vie.

« … il y avait une licorne qui était née dans la forêt. Après sa naissance, il lui a poussé une petite corne, comme à toutes les licornes. »

Il faut dire que, dans le monde fantastique, la corne de la licorne est un objet de magie puissant et merveilleux. C’est la corne qui donne tout son pouvoir à la licorne. C’est comme ça dans le monde fantastique et tout le monde le sait.

« Puis la licorne a grandi et, comme toutes les licornes, elle a perdu sa petite corne qui était sa corne de lait.

— Vous saviez, Aumeraud et Devrac, que les bébés licornes perdent leur corne de lait ? »

Aumeraud a secoué la tête et Devrac a haussé les épaules.

« Mais sans corne, elle n’a plus son pouvoir, ai-je dit.

— Lorsqu’une licorne grandit, a dit le petit vieux, il lui pousse une corne de sagesse.

— Ah bon ?… »

Comme j’ai déjà dit, c’est comme ça dans le monde fantastique et, parfois, tout le monde n’est pas au courant.

Le petit vieux a continué : « Peu de temps après que la licorne ait perdu sa corne de lait, un barde est passé par là, à l’endroit où la corne était tombée par terre, parmi les feuilles et la mousse. »

C’est le barde qui joue de la musique, chante des ballades et raconte plein d’histoires. J’ai bien pensé à lancer un sort pour deviner ce qu’il faisait dans la forêt, mais j’avais l’impression que ce n’était pas mon tour.

« Le barde a trouvé la petite corne par terre, il l’a ramassée et il est rentré chez lui. Avec la petite corne, le barde a fabriqué un piccolo. Quand il a soufflé dans le piccolo, ça a fait une belle musique.

« Alors, il est retourné dans la forêt et il a joué du piccolo pour les animaux et pour les gens qui croisaient sa route. Tous les animaux s’arrêtaient pour écouter la musique et tous les gens applaudissaient le barde pour sa belle performance. »

Ensuite, le petit vieux m’a regardé dans les yeux. « Peut-être y a-t-il une autre chose que tu ignorais, Petit Lot. »

Ça ne m’étonnait pas qu’il y eût autre chose que j’ignorais. Mais la façon dont il m’a parlé m’a fait penser que j’ignorais beaucoup de choses. Au point que je ne pourrais jamais apprendre tout ce qu’il y avait à savoir dans le monde.

« La corne de lait de la licorne, une fois qu’elle est tombée, a dit le petit vieux avec ses yeux fixés sur moi, elle continue à grandir. »

C’est vrai que je ne le savais pas. Vu les têtes d’Aumeraud et de Devrac, c’était une surprise pour eux aussi.

« Le piccolo dont jouait le barde a grandi et s’est transformé en flûte. Le barde en a alors joué dans la forêt. Les animaux sont venus de plus en plus loin pour l’écouter et les gens lui donnaient des petites pièces pour sa splendide musique.

« Ensuite, la flûte a encore grandi et c’est devenu une clarinette. Le barde a traversé toute la forêt en jouant de sa clarinette. Les animaux sont venus de partout pour l’écouter et les gens lui donnaient des pièces d’argent pour sa musique qui était devenue magnifique.

« Bien évidemment, ça ne s’est pas arrêté là. La clarinette est devenue une trompette. La trompette est devenue un trombone et le trombone est devenu un tuba. Chaque fois que son instrument grandissait, le barde continuait à jouer dans la forêt et il est devenu célèbre de partout.

« Un jour, alors qu’il jouait de son tuba, si lourd qu’il devait le porter sur son dos, l’instrument a grandi encore une fois. Le tuba est devenu un cor. Ce cor était tellement grand que le barde ne pouvait plus le porter, même sur son dos. Il l’a donc posé par terre, au beau milieu de la forêt, et il a continué à jouer.

« La musique qu’il jouait avec le Grand Cor était si belle et si forte que les animaux sont venus des quatre coins du monde et les gens l’ont couvert de cadeaux et de richesses.

« Et l’endroit où il a posé le Grand Cor était juste là, dans le pré devant la taverne. Les gens ont construit la taverne pour avoir un endroit où ils pourraient écouter de la belle musique et boire de la bonne bière. »

À ce moment-là, j’ai sauté de mon tabouret, ouvert la porte de la taverne et regardé dans le pré. Il n’y avait rien que de l’herbe et des pensées sauvages.

« Mais alors, où est le Grand Cor maintenant ?

— Comme le tavernier l’a dit, personne ne le sait. Mais voici la fin de l’histoire : Il y avait aussi un dragon qui habitait dans les montagnes. Ce dragon n’aimait pas la musique du barde et de son Grand Cor. Le dragon est venu, il a mangé le barde, il a pris le Grand Cor dans ses griffes et il l’a emporté chez lui, dans son repaire. »

 

Petit Lot fête la découverte du Grand Cor 200x304pxLis la suite : En route ! vendredi prochain. Lis les chapitres précédents En avant-première.

 

 

 

 

 


Le « hook »

Petit Lot et le Grand Cor de la licorne sortira prochainement.

Petit Lot fête la découverte du Grand CorTu peux déjà lire le Prologue en avant-première. Ensuite, suis le développement de la couverture avec Le dessin.

Voici la suite de l’histoire…

 

 

 

  

Le « hook »

On était dans la taverne, moi et mes compagnons d’aventure, Aumeraud et Devrac. On cherchait le hook, la raison pour laquelle on décide d’aller dans le donjon, même si c’est dangereux et souvent en ruine.

J’étais debout au bar, chapeau sur la tête et chope à la main. Il faut dire que j’étais debout sur un tabouret car je n’étais pas très grand. Je n’avais que sept ans et demi à l’époque. Je suis beaucoup plus grand maintenant.

Devrac était assis à table. Il gardait une main sur le manche de sa hache et l’autre main sur sa propre chope.

Je lui ai demandé :

« Devrac, pourquoi as-tu toujours la main sur le manche de ta hache lorsqu’on est dans une taverne ?

— Parce qu’une taverne, c’est un endroit périlleux, Petit Lot. Les monstres peuvent apparaître n’importe où, n’importe quand. Il faut toujours rester vigilant pendant une aventure. »

Il est un peu paranoïaque, Devrac. Même si ce n’est pas tout à fait faux, ce qu’il a dit. On ne sait jamais ce qui va nous arriver pendant une aventure. Moi, j’étais prêt à tout moment à lancer un sort s’il le fallait.

Aumeraud était à côté de moi au bar. Il parlait au tavernier. C’est le tavernier qui est toujours derrière le bar, qui essuie les chopes avec un torchon et les remplit de bière. C’est lui aussi qui sait tout ce qui se passe dans la taverne parce qu’il est tout yeux tout oreilles.

« Je voudrais une bière, Monsieur », a dit Aumeraud.

Il est très courtois, Aumeraud. Il vouvoie tous les inconnus et ne dit jamais un vilain mot. Il parlait gentiment avec le tavernier, juste comme il fallait pour trouver le hook. J’étais sûr qu’il le trouverait.

« Voilà une bière », a dit le tavernier.

Il faut dire que c’était mon grand frère qui jouait le tavernier. Mon grand frère, c’est le maître de jeu. C’est lui qui joue tous les personnages qu’on rencontre pendant l’aventure.

Il faut être gentil avec les autres personnages, parce qu’ils ne font jamais de mal à personne. En plus, ils ne sont pas aussi puissants que nous, les héros. Ils ne peuvent ni lancer de sorts dans tous les sens, ni survivre pendant des jours et des jours en ne mangeant que de l’herbe et des glands, ni se bagarrer avec une hache énorme. Bref, il faut être gentil avec les autres. C’est comme ça dans un jeu de rôles tout comme dans la vraie vie.

« Avez-vous entendu des rumeurs sur des monstres dans le coin ? a dit Aumeraud au tavernier.

— Demande-lui… », commençais-je.

Mais mon grand frère m’a interrompu. Il m’a dit que pour l’instant, c’était Aumeraud qui parlait avec le tavernier, et que je devais patiemment attendre mon tour.

Moi, j’aurais plutôt demandé des informations sur les trésors, car je ne voyais pas pourquoi on devrait ne chercher que les trésors gardés par des monstres.

« Non, pas récemment », a dit le tavernier.

Le tavernier, il n’avait pas grand-chose à dire. Je pensais que ce n’était peut-être pas lui qui allait nous donner le hook.

Entre-temps, un petit vieux s’est approché de Devrac.

« Je peux me joindre à vous ?

— Assieds-toi », a dit Devrac.

Il n’est pas bien élevé, Devrac. Il tutoie tout le monde, même les inconnus, et je ne répète pas tous les vilains mots qu’il dit. Mais bon, c’est un barbare. Peut-être qu’on fait comme ça chez lui. Pourtant, je doutais qu’il trouve le hook.

« Tu as entendu des rumeurs sur des donjons par ici ? » a dit Devrac au petit vieux.

J’ai voulu lui dire qu’il fallait demander des informations sur les trésors, car je ne voyais pas pourquoi on ne pouvait pas, aussi, chercher les trésors qui ne sont pas cachés dans les donjons. Mais j’ai bien senti que ce n’était pas encore mon tour.

« Non, a dit le petit vieux, pas depuis longtemps. »

Le petit vieux non plus, il n’avait pas grand-chose à dire. C’est vrai que les questions qu’ils ont posées, Aumeraud et Devrac, étaient bêtes. J’avais peur qu’on ne trouve jamais le hook pour l’aventure et qu’on ne décide jamais d’aller dans un donjon.

En attendant patiemment mon tour, je parlais avec mon familier, car je n’avais pas envie de lancer un sort à ce moment-là.

« Qu’est-ce que t’en penses, Croâ ?

— Croasse ! » a-t-il dit, parce que c’est le cri qu’il pousse de temps en temps.

« Peut-être bien. Je demanderai. »

À mon grand frère, j’ai dit : « On ne peut pas aller dans le donjon sans trouver le hook ? »

Il m’a regardé avec une drôle de tête. Je connais très bien mon grand frère et j’ai senti que ma carrière d’aventurier pourrait bien s’arrêter là. Il m’a expliqué que c’était très important, le hook :

« Le donjon, c’est tellement dangereux que personne ne veut aller dedans sans avoir une bonne raison. C’est le hook qui vous fait partir à l’aventure.

— D’accord », j’ai dit, même si je n’avais pas tout à fait compris.

Moi, je me fichais bien de la raison d’aller dans le donjon, même si c’est dangereux et souvent en ruine. Je suis aventurier après tout, et c’est ça que font les aventuriers.

« Alors, m’a-t-il dit, c’est ton tour maintenant.

— Enfin. Je vais lancer un sort qui trouve le hook ! »

 

Reviens dans une semaine pour lire le prochain chapitre : La petite corne, le barde et le dragon.


Prologue

Je m’appelle Petit Lot. J’ai huit ans et je suis aventurier. Il y a longtemps, j’avais alors sept ans et demi, mon grand frère me laissait jouer, avec lui et ses copains, dans leur jeu de rôles.

Dans un jeu de rôles, on devient les héros d’un monde fantastique. On explore des donjons dangereux et souvent en ruine. On rencontre des monstres vicieux qui gardent le trésor ; on leur tape dessus jusqu’à ce qu’ils s’arrêtent et on leur pique le trésor. Les héros sont gentils et les monstres sont méchants. C’est pour ça qu’il faut leur taper dessus jusqu’à ce qu’ils s’arrêtent.

Ce jour-là, c’était la première fois que je jouais. J’étais magicien. C’est le magicien qui porte le chapeau pointu et qui lance des sorts dans tous les sens. Mon grand frère, lui, voulait que je sois guerrier. « Parce que c’est plus facile pour un débutant », m’a-t-il dit.

Mais moi, je voulais vraiment être magicien. « Parce que j’aime bien porter le chapeau pointu et lancer des sorts dans tous les sens. »

Il n’a pas été convaincu tout de suite. J’ai dû lui expliquer que j’étudierais le livre de la magie jour et nuit, que j’apprendrais tous les sorts par cœur et que je m’entraînerais à tous les tours mystérieux jusqu’à en tomber d’épuisement. Bref, que je serais le meilleur magicien qui ait jamais porté le chapeau pointu.

« D’accord, m’a-t-il dit, mais tu ne râles pas quand tu t’ennuies parce que tu n’as plus de sorts. »

Je ne voyais pas comment je pourrais m’ennuyer en étant magicien. Si je n’avais pas envie de lancer un sort, je pourrais toujours discuter avec mon familier. Tous les magiciens ont un familier avec qui ils peuvent parler. Moi, j’avais un grand corbeau. Je l’ai nommé « Croâ », d’après le cri qu’il pousse de temps en temps.

Mon grand frère, c’est le maître de jeu. C’est lui qui installe tous les monstres et tous les trésors dans le donjon. C’est lui aussi qui jette les dés pour voir ce qui se passe ensuite. Comme ça, on n’a aucune idée de ce qui va nous arriver pendant l’aventure.

« Vous êtes dans une taverne… », a dit mon grand frère.

Il faut dire que toutes les aventures commencent dans une taverne. C’est là qu’on trouve le « hook » pour l’aventure. On discute avec les paysans et on boit de la bière comme des grands.

Le « hook », c’est la raison pour laquelle on décide d’aller dans le donjon, même si c’est dangereux et souvent en ruine. Parfois, c’est un paysan qui nous donne le hook. C’est pour ça qu’on discute avec eux et qu’on boit de la bière. Vraiment, boire de la bière, ce n’est pas obligatoire, mais on aime bien faire les choses comme des grands.

C’était là, dans la taverne, que j’ai rencontré Aumeraud et Devrac, mes compagnons d’aventure. Aumeraud, il est coureur de bois. C’est le coureur de bois qui suit les traces des bêtes dans la forêt et qui peut survivre pendant des jours et des jours en ne mangeant que de l’herbe et des glands. Devrac, lui, il est barbare. C’est le barbare qui s’habille en pagne et se bat avec une énorme hache.

« C’est quoi le nom de la taverne ? ai-je dit.

— Peu importe, a dit mon grand frère.

— Mais si ! Je dois savoir le nom de la taverne pour m’en servir dans la formule du sort que je vais lancer.

— Pourquoi veux-tu lancer un sort maintenant, Petit Lot ?

— S’il n’est pas beau, je vais lancer un sort qui change le nom de la taverne ! »

Mon grand frère a soupiré. Il m’a expliqué que le nom de la taverne n’avait rien à voir avec l’aventure et qu’il ne fallait pas perdre de temps à en discuter. Mais ensuite, il m’a laissé choisir le nom de la taverne.

« Voilà, a-t-il dit. Vous êtes au Grand Cor de la licorne… »

 

Dès octobre, on lira la suite de l’histoire. Entre-temps, découvre le premier dessin de l’illustration de la couverture : Le croquis Hammond.

 


Il s’appelle Stephen Wendell et il est aventurier. Depuis plus de 30 ans, Stephen crée des personnages, des scénarios et des mondes fantastiques dans ses jeux de rôles…[Plus]